vendredi 2 mai 2014

À tous ceux qui s'ennuient sous les nuages...

Bonjour à tous,

À tous ceux qui s'ennuient sous les nuages, je leur propose un "jeu".


Vous savez tous que les objets du ciel ne portent pas tous que des noms impossibles à retenir. (NGC 4565, IC 410, Abell 21... )

Non. Certains ont des petits surnoms rigolos, mignons ou représentatifs qui les rend tout de suite sympathiques et faciles à se rappeler.

Alors, voilà... j'ai écrit un récit banal dans lequel j'ai essayé de replacer tous ces petits surnoms. Ce sont tous ceux que je connaissais et ceux que j'ai découvert en cherchant sur la toile. Ce sont uniquement des objets ou des figures du ciel se situant en dehors du Système Solaire.


Voici le texte. Combien en (re)connaissez-vous ?


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Julien Desmarets était un garçon de onze ans. Dans deux jours, ça allait être les vacances de Noël. Mais en attendant, sa maitresse lui a donné beaucoup de devoirs. Il revoyait encore cette vieille chouette le regarder de son œil noir et s’écrier : « M. Desmarets ! Vous me ferez tous les exercices de la page 23 à 79 ! ». Sur le chemin du retour, Judith, sa meilleure amie, originaire d’Amérique du Nord (plus précisément de Californie) avait bien tenté de le réconforter. Mais même son adorable petit clin d’œil n’était pas parvenu à lui remonter le moral.


Après un au-revoir, Julien entra dans la maison et accrocha mon manteau au cintre. Baptiste, son petit frère, était en train de faire du saxophone, tandis que Mathilde jouait au jeu du spirographe. L’arbre de Noël trônait déjà en plein milieu du salon. Il était décoré d’un ange et d’une boule de neige bleue. La crèche était à ses pieds. Sa maman avait allumé le feu, et une immense flamme dansante venait caresser le rebord de la cheminée.


Baptiste se précipita sur Julien. Il voulait qu’il lui fasse réviser ses cours d’SVT. Le chapitre portait sur l’évolution de l’homme du spermatozoïde jusqu’au stade de fœtus. Puis, ce fut Mathilde qui lui passa son crayon pour lui montrer comment dessiner un carré rouge et un rectangle rouge (elle était en maternelle).


Soudain, leur papa arriva. Julien l’avait tout de suite remarqué, car même s’il s’était mis à la pipe, il sentait toujours le cigare. Son nœud de cravate bien serré, son parapluie bleu sombre, son œil étincelant… Julien l’aimait bien son papa. C’était un homme musclé au grand cœur.

– Julien !

Le petit garçon se tourna vers lui et le regarda dans les yeux.

– Maman et moi allons partir au restaurant, précisa M. Desmarets, tu surveilleras bien Mathilde et Baptiste.

– C’est promis, lui répondit-il.

Sa maman dévala les escaliers avec sa longue robe en dentelles, sa boite à bijoux dans les mains.

– Chéri, tu préfères les boucles d’oreilles en émeraude ou celles en grenat ? Sais-tu où est mon anneau ?

– Et voilà… songea Julien. Elle est de nouveau en train de paniquer. Ça me rappelle la fois où elle a piqué une crise en découvrant sa bague de fiançailles cassée !


Une fois leurs parents partis, Baptiste et Mathilde se précipitèrent vers Julien Il leur fallait un déguisement pour la fête de l’école.

– Bon, allons voir dans la cave, je suis sure qu’on trouvera de quoi vous habillez.


Arrivé en bas, Julien regarda à travers le trou de serrure. Il ne voyait rien. Il appuya sur la clenche. Une pléiade d’objets jonchait le sol : des animaux en peluche, un putter de golf, une petite haltère, une vieille paire de lunettes, un cheval à bascule, une montre à gousset, une ponceuse à main, un trapèze, une raquette de tennis, un vieux boomerang… Une vraie salle au trésor ! Les enfants s’attendaient presque à y trouver la lampe d’Aladin.

Un gros sac de charbon à moitié éventré était allongé par terre. Des empreintes de pattes de chat pleines de suie parsemaient le plancher.

– Ronron a dû passer par-là, fit remarquer Mathilde.

– N’importe quoi, c’est Stargate ! protesta Baptiste en pensant à leur caniche.

– Ah, ouais ? Et là, c’est qui ? jubila la petite en découvrant le matou poivre et sel.

Ronron avait l’air particulièrement occupé. Son œil de chat aux aguets, il partait chasser les souris. Comme chacun sait, c’est un art qui nécessite beaucoup de concentration.


Frustré d’avoir eu faux, Baptiste fut tout heureux de ramener tout le monde à leur mission ici :

– Et les déguisements ?

– Minute, papillon ! tempéra le grand frère. Il y a un coffre au fond, tu devrais y trouver ton bonheur, mais fais attention aux échardes !

Tout heureux, il s’élança vers la malle comme une poule qui court.

– Ouaou… regarde ! ’Y a des plumes et un faux revolver ! On pourra jouer au cowboy et à l’indien ! Ah mince, la crosse est cassée… Oh ! Vise-moi un peu ce chapeau de Napoléon ! Et par le fantôme de Jupiter, ’y a même le bouclier de Captain America et le casque de Thor ! Trop mortel !!

– Cálmate, amigo, lui répondit Julien en enfilant le sombrero qui trainait sur le sol. Si tu veux, tu peux aussi faire l’extraterrestre avec cette paire d’antennes en plastique.

Mathilde s’empara d’un grand drap blanc.

– Eh regarde, Julien ! Avec ça, on peut se déguiser en fantôme. Bhouuuuuu….

– Bonne idée… tu es effrayante. D’ailleurs, on a tout le matériel nécessaire pour faire Halloween. Vise-moi ce masque de tête de sorcière et là, regarde, ce magnifique balai de sorcière.

– Ouais, mais moi, j’ai pas envie de faire le sorcier, précisa Baptiste. Je veux faire Captain America !

- Bon comme tu veux, abdiqua Julien. On remonte maintenant.

Alors qu’il s’apprêtait à rebrousser chemin, la voix stridente de sa sœur se fit entendre.

– Quoi encore ?

– Là !! Une grosse tarentule !!

Baptiste s’approcha.

– Pfff… ton insecte, c’est juste une araignée rouge, c’est tout !

– Inculte, les araignées sont des arachnides, lui reprocha Julien. Une fourmi ou un scarabée, ça, d’accord.


Une fois en haut, ils se rendirent à la cuisine. Il était déjà l’heure de manger.

Julien ouvrit le frigo. À part une barre de chocolat, une moitié de hamburger, un trognon de pomme, un bonbon, un croissant au beurre et six œufs, l’intérieur était quasiment vide.

– Bon, je vais vous faire un œuf sur le plat, proposa l’ainé de la famille. Ou on pourrait faire des œufs à la coque en utilisant le vieux sablier de Papi.

Mais une ignoble odeur d’œuf pourri vient lui chatouiller les narines.

– Euh… finalement, ce sera du pain avec un reste de crabe en boite que j’ai trouvé dans le tiroir, ça vous va ? proposa-t-il. Il y a même un champignon et de la rosette ! Vous êtes gâtés. Voyons voir, je prends la grande casserole ou la petite casserole… ? Bon, je vais prendre les deux. Pour la boisson, nous nous contenterons d’un petit jus d’orange agrémenté d’une jolie tranche de citron.

L’heure du dessert arriva enfin. Julien débarrasse les assiettes, le pot et la cruche.

– Il y a des yaourts, des glaces et des crèmes caramel. Vous voulez… ? questionna-t-il.

– Des glaces ! répondirent-ils d’une seule voix.

– Eskimo ou cône ?

– Cônes !


Une fois le repas terminé, Baptiste s’empara de sa console et commença à jouer à Pac-Man tandis que Mathilde restait à côté de lui et le regardait jouer.

– Je vais faire un petit tour dehors, je ne serai pas long, promit Julien.


Il alla au jardin.

– Brrr… ’Fait froid. Je devrais pas rester trop longtemps dehors. Avec ma polaire à fourrure, je finirais par ressembler à un lion givré, moi !

Il faisait pratiquement nuit. Les roses, les iris et les tulipes commençaient à se faner. Julien se dit qu’il pourrait les cueillir et les mettre dans un vase. Ça ferait plaisir à sa mère. Il oublia cette idée à la vue du vol chaotique d’une chauve-souris qui passa devant la planète Saturne, déjà visible au-dessus du champ de tournesols. Le ciel était magnifique. Un avion avait laissé derrière lui une grande trainée telle une comète de jour. C’était un vrai feu d’artifice ! Julien aurait juré que la main de dieu était passée par-là, soutenant le ciel tels des piliers de la création. Un oiseau vint se poser sur le cerisier. Était-ce un hibou ou un vautour ? Julien ne put le dire avec précision, mais c’était un rapace. Ce qui n’était pas le cas de la myriade de canards sauvages qui s’envola soudain dans l’infini du ciel, à présent noir comme une tache d’encre.


En dépit du froid qui l’engourdissait, Julien se sentait bien ici. Il ferma ses paupières. Il s’imagina sur une lagune ensoleillée, entouré de pélicans et de cocotiers. Un voilier à hélice flottait au loin. Il était magnifique… Sa carène semblait déchirer l’eau au-devant d’elle. Soudain, un petit hippocampe sauta joyeusement au-dessus de la forme gélatineuse d’une méduse. La mer semblait mousser comme s’il était dans une baignoire géante… et chaude. Une grosse bulle de savon s’envola délicatement dans sa direction. Julien était à présent en train de pêcher. Quand soudain, une immense mâchoire de requin vint mordre à l’hameçon, faisant exploser la bulle. C’est à ce moment que son rêve se transforma en cauchemar. Un têtard au corps d’aigle et à la tête de cheval vint sauter sur un nénuphar ! À côté de lui, un lapin au cou de cygne tenta d’étrangler Julien avec sa trompe comme le ferait un serpent sur une gerbille ! Il savait qu’il allait être mis en pâture au chien de chasse et à la salamandre à tête de singe. Julien se sentait faible, comme emporté dans un tourbillon. Les images se bousculaient dans son crâne.


Il entendit la voix de sa mère le réveiller. Il était allongé dans le trèfle frais, à même le sol. Sa mère auscultait le fond de sa rétine, inquiète. D’en bas, Julien avait une vue imprenable sur ses talons aiguille.


Avec l’aide de ces parents, Julien se traina péniblement jusqu’à la salle-à-manger. Son père mit un marque-page à Guerre et Paix, alluma le bougeoir et s’empara de la tasse à bec verseur. Il lui servit un verre de lait et le regarda fixement, un point d’interrogation dans le regard. Sa mère de son côté, lui passa un sandwich triangle, même s’il n’aimait pas trop ça.

– Que faisais-tu dans le jardin ? demanda-t-elle.

– J’étais aller chercher mon cerf-volant et le ballon de baudruche de Mathilde. On les a perdus dans le jardin vers le grand arbre, ce matin, justifia Julien.

– Mais c’est dangereux de les chercher en pleine nuit ! Tu aurais pu trébucher sur la roue de charrette, la truelle ou même la meule de foin ! s’écria son père en levant le poing.

– Non, je ne risquais rien, j’avais emporté mon fer à cheval porte-bonheur !

Son père fit un moulinet de désapprobation avec sa tête. Quant à sa mère, elle regarda Julien comme s’il s’était transformé en dromadaire.

– Il est grand temps que tu sortes de ton cocon Julien et que tu prennes tes responsabilités.

Elle reposa sa théière, dépitée. Le jour venait de se lever.


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Alors... combien ?



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Trois Quarks pour Muster Mark ! Et pour moi, ce sera un bon bol de Big Crunch, comme d'habitude.





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