22/04/2014
De 21h45 à 23h30. 8°C. Classe 3 sur l’échelle de Bortle. Pas mal de vent.
Après quelques minces soirées sous le ciel lunaire, les nuages ont envahit la voûte céleste et ont décidé d’y élire domicile. C’est donc sans le moindre regret que j’ai quitté le ciel eurélien pour aller rendre visite à mes grands-parents en Charente-Maritime.
Seulement voilà… le ciel charentais est parfaitement dégagé. Et tous mes magazines, mes oculaires, Stellarium et mon Dobson se trouvent à 500 km de moi.
En temps normal, je pense que ça m’aurait plutôt irrité. Mais bon, c’est les vacances… alors je vais tenter de garder le sourire.
Après tout, j’ai emporté ma fidèle paire de jumelles 10x50. Donc je peux toujours tenter d’observer quelque chose.
Il est 21h45 et Papa nous a emmené à la plage. J’adore y aller quand il fait presque nuit. Le sable est tout froid. Comme il n’y a jamais personne à cette heure-ci, on entend juste le bruit des vagues. Les premières étoiles sont déjà apparues. Jupiter est haut dans le ciel. Aux jumelles, je distingue au moins trois petits points à côté d’elle. Mais ça tremble beaucoup. Impossible de deviner leur nom.
Je continue dans les Gémeaux avec M35, M37, M36 et M38. Ces grands poudroiements stellaires ont presque l’air aligné. Ils sont évidents. M35 apparait quand même plus beau que les autres.
J’essaye de m’approcher le plus possible des vagues. Il commence à faire sacrément nuit maintenant. La marée est montante et je suis à deux doigts de l’eau. Je n’ai pas pris de chaussettes de rechange au cas-où. Mais c’est tant pis. J’aime trop cette odeur iodée et le bruit apaisant des vagues.
Orion est juste en face de moi. Il vient de tremper timidement son pied dans l’eau. Rigel est complètement immergée. Mais j’ai l’impression qu’Orion hésite à se baigner. L’eau a l’air trop froide pour lui. Je prends mes jumelles et regarde M42. Oui ! Il y a de la lumière. Un minuscule nuage brille paisiblement.
Je remonte sur Meissa avec l’astérisme Cr 69. Ouaou… magnifique.
Toutes les étoiles ont une jolie teinte bleue. Celles du milieu sont alignées. Elles prennent la forme d’un point d‘interrogation à l’envers.
Quant à Aldébaran, il me fixe de son gros œil rouge. Aux jumelles, les Hyades sont à tomber par terre. Il y a tellement d’étoiles brillantes dans cette région…
Je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée pour mon Dobson. Je suis sure qu’il va me faire la tête au retour. Observer sans lui… il ne va jamais me le pardonner, c’est sûr. Je le connais trop.
Oh ! L’Hydre est visible en entier. Qu’elle est longue ! Dans le Corbeau, une jolie étoile double apparait. L’une de ses composantes m’apparait orange. Il s’agit de Zeta Corvi. Enchantée mesdemoiselles.
Je remonte ensuite dans le Lion avec le triplet. Enfin… je vais plutôt parler de solo. Je n’en vois qu’une, une toute petite tachouille grise. C’est minuscule. J’imagine que c’est M66. Je remonte de nouveau en direction d'Algenubi, à côté d’elle se trouve NGC je-sais-plus-combien. Vous savez… c’est la galaxie bien brillante dans la tête du félin.
Et bien aux jumelles, elle est toute faible mais visible.
Elle apparait très allongée mais bien petite.
Note de l’auteur (): Ah oui ! C’est NGC 2903 son petit nom. Je vais essayer de m’en souvenir la prochaine fois.
Je continue ensuite mon voyage dans la Grande Ourse. Alcor et Mizar sont le couple incontournable de la constellation. Elles apparaissent bien bleues et dynamiques. Non, ça ne fait aucun doute, elles ont vraiment la pêche. Ça fait plaisir à voir. Puis, en montant encore plus haut (commence à avoir mal au cou moi
), je tombe sur M81 et M82. M81 apparait bien ovale, elle est facile à voir. Par contre, M82… bien qu’elle soit visible, elle est vraiment petite.
Oulà !! J’ai faillit me faire mouiller par les vagues, moi ! À force d’avoir le nez en l’air, je ne surveille même plus l’océan. Bon, on va reculer de quelques pas, ce sera plus prudent.
Où en étais-je ? Ah oui, les constellations circumpolaires.
Dans la Petite Ourse, Polaris apparait comme une jolie étoile double serrée composée de deux étoiles blanches. Puis, je redescends vers Cassiopée. Je devine M103 proche de Rukbah mais c’est tellement petit...
L’amas de E.T se devine facilement. Par contre, NGC 663 n’est pas mal du tout.
En plus j’ai réussit à me rappeler son numéro.
Enfin, je redescends pour admirer le double amas tout en me reposant les cervicales.
Que c’est beau… Ça me fait tout drôle de le voir tenir en entier dans le champ de mes jumelles. Un vrai bijou.
Allez, il faut bien détacher ses yeux de cette merveille. Allons voir du côté de la Vierge. Évidemment, Mars ne ressemble pas à grand chose, mais sa belle couleur orange est réjouissante. En redescendant un petit peu, je tombe sur une magnifique étoile triple que je ne connais pas. Ces trois étoiles en triangles sont toutes blanches et de magnitudes plus ou moins équivalentes. C’est sympa.
Note de l’auteur : Ces trois-là portent le nom de HD 109545, HD 109556 et HD 109584. C’est… poétique.
Puis, je me déporte vers le Bouvier en passant par M3. Aux jumelles, le globulaire est évident. On dirait vaguement une étoile fondue dont les bords poudreux viennent caresser les étoiles environnantes. Quel beau tableau. Puis, je rends visite à Rho de la Couronne Boréale. Ces deux géantes rouges sont toujours aussi magnifiques à contempler. Serrées et colorées comme il faut.
Tiens ? À l’œil nu, j’observe une grande concentration d’étoiles vers la chevelure de Bérénice, entre le Lion et le Bouvier. C’est drôle, je n’avais jamais remarqué.
Aux jumelles, j’ai l’impression de nager en plein amas ouvert.
Note de l’auteur : Ah oui… C’est Melotte 111, un amas ouvert qui s’étend sur 5°. C’est l’un des plus proche de nous. C’est la première fois que je le remarque ! Comme quoi, ça fait du bien de sortir un peu l’œil de son oculaire.
Enfin, je termine sur la Ruche dans le Cancer. C’est beau… Il a la forme générale d’une pointe de flèche levée vers le haut. Mais c’est quand même assez petit. Remarque, c’est peut-être mieux, il fait plus dense comme ça. On a même l’impression d’entendre les abeilles bourdonner… tiens non, ça ressemble plus à un clapotement d’eau…
OOLÀÀÀÀ !!! Arrière l’océan !!
Je cours rejoindre la terre ferme. Trop tard, mes chaussettes sont mouillées.
Et c’est froid en plus.
Il va falloir rentrer. Tant pis.
Le Lion culmine bien haut. Quant à Orion, l’eau lui arrive à la ceinture. J’aurais aimé rester là toute la nuit pour regarder l’océan engloutir le ciel petit à petit.
Mais bon, il faut savoir s’arrêter.
C’était quand même un beau voyage entre ciel et mer…
Merci de m’avoir lue.
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Trois Quarks pour Muster Mark ! Et pour moi, ce sera un bon bol de Big Crunch, comme d'habitude.
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